Avis sur le projet d’installation de stockage de déchets inertes sur le territoire de la commune de Villebon-sur-Yvette, présenté par la société ECT

Avis de PTC transmis via le site http://enquetepublique-pref91.fr/groupeect/dossiers le 03/12/2017 :

Avis sur le projet d’installation de stockage de déchets inertes située aux lieux-dits « la prairie de Villebon », « la Ménagerie » et « rue du Baron de Niviere » sur le territoire de la commune de Villebon-sur-Yvette, présenté par la société Enviro-Conseil et Travaux (ECT)

Rendre accessible à tous cette zone à l’abandon en aménageant un parc à partir de stockage de déchets inertes parait séduisant. Toutefois, sa localisation entre la Boële et l’Yvette, sur une ancienne zone humide, qui devrait à minima être reconvertie en zone d’expansion des crues, interpelle tous les riverains de l’Yvette, en amont et en aval.

  1. Ces 25 ha sont en majeure partie recouverts d’un remblai d’une épaisseur de 6 à 10 mètres, composé d’une quantité importante de débris, déchets et matériaux divers (démolitions, hospitaliers, industriels) amassés depuis les années 1970 avec l’assentiment des maires successifs de Villebon sur Yvette, dont certains ont présidé au SIAHVY.

  1. Avant les années 1970, ces 25 ha formaient une cuvette potentiellement réceptrice des eaux de ruissellement et capable de recevoir les débordements des cours d’eau. Pour s’en convaincre il suffit de se reporter à la carte IGN de 1948 pour voir que la zone était à une cote NGF de 47,8 mètre, la plus basse du secteur.

  1. Une analyse des sols manque au dossier, réalisée lors du projet de station d’épuration sur la zone de la Ménagerie, par le bureau d’étude ICF environnement à la demande du SIAHVY. Elle a mis en évidence des teneurs en HAP, PCB, métaux lourds supérieurs aux valeurs limites définies par le code de l’environnement pour le stockage des déchets inertes. Il est donc urgent de procéder à l’évacuation de ces terres polluées dans des décharges spécialisées, pour empêcher qu’elles polluent l’eau et les sols par ravinement ou infiltration.

  1. Les graves inondations survenues le long de l’Yvette fin mai-début juin 2016, particulièrement autour de ces endroits, ont réactivé la demande de zones d’expansions de crues de la part des riverains inondés, ce qui est déjà difficile à trouver en territoire urbain. Elles auraient dû encourager au contraire le déblaiement de la totalité de ces terres de déchets pour retrouver une cuvette et restaurer la zone humide sur une très grande superficie. Il semble malheureusement que le coût probable de cette opération rende séduisant ce projet de « verdissement » superficiel de cette zone-poubelle et que la vision très locale et à court terme prévale sur l’intérêt général de lutter contre les inondations dans la vallée. Compte-tenu du réchauffement climatique, la lutte contre les inondations doit être la priorité n°1 dans ce secteur.

  1. Conformément aux prescriptions du SAGE Orge-Yvette, qui s’impose aux PLU, les zones humides et d’expansion des crues doivent être préservées mais également restaurées dans le domaine du possible, c’est-à-dire si elles ne sont pas urbanisées. C’est tout à fait le cas ici. Dans ce cadre, la CLE Orge-Yvette est actuellement chargée d’inventorier les zones humides sur le bassin Orge-Yvette. Avant les résultats de cet inventaire, la zone de la Bretèche (qui intègre La Prairie et La Ménagerie) reste classée en zone potentiellement humide sur les cartes du SAGE et des services de la préfecture. On notera que la cartographie du site Géoportail de 1991 indique encore un secteur de rizière dans la partie nord de la Bretèche. Pour éliminer toutes critiques sur ce point, la société ECT a demandé à la société BURGEAP de réaliser une étude zone humide. Mais à l’évidence, les conclusions de cette étude ne peuvent être pertinentes. Que signifie une analyse floristique effectuée sur des remblais pollués ? Que signifie une analyse pédologique réalisée sur des prélèvements situés entre 0,5 et 1,2 mètre de profondeur dans des remblais de 6 à 10 mètres d’épaisseur ? Compte tenu de la localisation du projet, on peut d’ailleurs se poser la question de savoir s’il n’aurait pas été nécessaire de le soumettre officiellement à l’avis la CLE ? N’est-il pas soumis aux prescriptions de la Loi sur l’Eau ?

  1. L’étude hydrogéologique, également réalisée par la société BURGEAP, localise la nappe phréatique entre 6 et 8 mètres de profondeur au droit des zones de remblai actuelles, ce qui démontrerait que si la zone n’était pas humide avant les années 70, la nappe phréatique était alors affleurante. On notera que le dossier présente bien une étude géotechnique, mais que l’évaluation de l’augmentation locale de pression piézométrique dans l’aquifère due aux remblais et ses conséquences sur l’écoulement de la nappe n’a pas été évaluée. Quel en sera l’effet sur le secteur amont et en particulier vis-à-vis des risques d’inondation ?

  1. Le secteur concerné est entièrement compris dans le tronçon T-YV-03 du PRGE – projet de restauration biologique et de lutte contre les inondations de l’Yvette. Alors, pourquoi ne pas coordonner l’aménagement de ce parc avec le projet de PRGE (contrat de bassin) piloté par le SIAHVY en concertation, y compris avec le monde associatif ? L’étude du tronçon précédent vient de se terminer et l’étude du T-YV-03 devrait maintenant commencer.

PALAISEAU TERRE CITOYENNE considère que ce projet s’ajoute aux erreurs des années passées d’avoir remblayé inconsidérément cette ancienne cuvette humide. Il rendra beaucoup plus difficile et coûteux, demain, la réalisation indispensable d’aménagements de restauration de cette zone humide ou d’expansion des crues que nous dictent les conclusions de toutes les études en cours, PRGE, inventaire des zones humides ainsi que du PAPI, le projet d’action de prévention des inondations, tant attendu des riverains de l’Yvette.

1) Il ne faut pas sanctuariser un site pollué sous un projet qui se présente comme vertueux.

2) Il faut profiter de la nécessité de se protéger des inondations en recréant une zone d’expansion des eaux telle qu’elle n’aurait jamais dû être supprimée.

PALAISEAU TERRE CITOYENNE émet donc un avis défavorable.

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