Enquête publique sur l’emprise des gares du projet de la ligne 18 situées entre les pôles Orly Massy Palaiseau et St Quentin en Yvelines – Versailles

Contribution de Palaiseau Terre Citoyenne à l’enquête publique sur l’emprise des gares du projet de la ligne 18 situées entre les pôles Orly Massy Palaiseau et St Quentin en Yvelines – Versailles.

Avant même de nous exprimer sur le sujet de l’enquête, nous tenons à exprimer notre vif mécontentement en ce qui concerne l’absence de publicité dans le Palaiseau Mag’ pour cette enquête, contrairement à ce qui se fait d’habitude. Même constat en ce qui concerne le site de la gouvernance de Paris-Saclay, sur lequel aucune information n’est présente concernant cette enquête.

Autre remarque, le fait de faire une succession d’enquêtes morcelées, déconnectées du projet d’ensemble ne nous semble pas la meilleure des façons de procéder pour permettre aux citoyens d’avoir et de donner un avis éclairé, notre argument prend toute sa valeur au fait qu’il y aura par la suite une autre enquête pour les emprises des zones techniques et ateliers de maintenance lié à la ligne 18 prévues sur le plateau.

Le dossier d’enquête seulement visitable en Mairie révèle que la parcelle retenue pour l’implantation de la future gare sur Palaiseau se situe sur trois propriétés détenues par la communauté d’agglomération, l’autre la Société NORD EUROPE LEASE et la troisième  par la société FINAMUR.

NORD EUROPE LEASE est filiale à 100% du CREDIT MUTUEL, filiale spécialisée dans l’acquisition de bien et la construction. (La plus grande partie de la parcelle se situe sur la propriété Nord Europe Lease)

FINAMUR est société filiale du CREDIT AGRICOLE spécialisé dans le leasing.

La présence de banques en embuscade dans l’opération Cluster n’est certainement pas là pour créer de l’agriculture de proximité ?

Palaiseau Terre Citoyenne a souvent exprimé sa désapprobation concernant la création du Cluster Scientifique sur le Plateau de Saclay. Sans revenir sur le détail des critiques faites à ce projet destructeur de terres agricoles d’une exceptionnelle qualité sur le Plateau, nous rappelons néanmoins que l’heure aujourd’hui est à la recherche de solutions équilibrées entre le besoin de développer la recherche scientifique et celui de défendre par tout moyen la qualité de notre environnement. Pour nous, le développement infernal d’un productivisme insensé s’éloigne de plus en plus de la recherche de solutions répondant aux besoins humains les plus fondamentaux. Ce n’est pas d’un manque de concentration physique dont souffre la recherche scientifique, mais d’un manque de reconnaissance, de diversité et de moyens pour être créative et proposer des réponses aux enjeux de notre temps en toute objectivité.

Étant opposé à la construction de ce pôle scientifique,  nous sommes bien évidemment aussi opposés à la ligne 18 et nous ne  nous exprimerons pas sur les emprises des futures gares d’une ligne dont nous ne voyons pas du tout l’utilité.

L’objectif inavoué, ou bien la conséquence de l’implantation de la ligne 18, est ou sera l’urbanisation à terme de la totalité du Plateau de Saclay.

La ligne de transport 18 traversant la totalité du Plateau de l’Essonne jusqu’aux Yvelines aura comme conséquence à terme de faire monter le prix du foncier. Il deviendra certainement plus rentable pour les héritiers des cultivateurs de jouer sur la spéculation en vendant leurs terres aux plus offrants, que de poursuivre une activité agricole. Seuls les naïfs croiront que la Zone de Protection de l’Espace Naturel, Agricole et Forestier (ZPNAF) qui sanctuarise actuellement 2300 ha sur le plateau empêchera le bétonnage intensif. Il faut savoir que ce qu’une Loi a fait une autre Loi peut le défaire. La seule façon de défendre une cause est d’opposer un rapport de force.

La ligne 18 est la colonne vertébrale d’une future urbanisation que nous implantent les véritables promoteurs du projet « Cluster Scientifique », à savoir les grands groupes de l’immobilier et leurs amis banquiers et assureurs. L’analyse pertinente de Jacqueline LORTHIOIS, Urbaniste – Socio Economiste,  sur précisément sur l’inutilité du projet de la future ligne de transport 18,   nous renforce dans notre conviction d’empêcher à tout prix l’existence de cette ligne et d’affirmer qu’au moment où se pose la question des productions agricoles de proximité, il y a mieux à faire que de créer les conditions d’un bétonnage toujours plus élargis du Plateau de Saclay. En effet, les moyens financiers colossaux envisagés pour payer cette ligne de métro (de 3 à 5 milliards d’euros) n’iront pas sur d’autres moyens de transport plus doux que nous appelons de nos vœux.

Pour conclure

Cette enquête nous donne l’occasion de nous exprimer sur le fait que les zones d’implantation des futures gares de la ligne 18 ne font l’objet d’aucun avis de notre part  dès lors que ce qui les justifie pour nous n’a pas lieu d’exister.

Nous adhérons pleinement à la conclusion de  Jacqueline LORTHIOIS, indiquant notamment : «Il vaut beaucoup mieux dépenser les sommes prévues pour les transports à améliorer l’existant et à renforcer l’offre de proximité …… »

Nous annexons ci-après l’analyse de Jacqueline LORTHIOIS datée du 25 avril 2016.

Pour Palaiseau Terre citoyenne ses élus au Conseil Municipal de Palaiseau

Claire Le CORNEC

Frédérique DUMONT

Michel ROUYER

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Jacqueline LORTHIOIS                                                                     Cergy, le 25 Avril 2016

urbaniste, socio-économiste

UN MOYEN DE TRANSPORTS LOURD DESTRUCTURERAIT LE FONCTIONNEMENT EN BASSINS DE VIE EQUILIBRES DE CE TERRITOIRE

DEFINITIONS :

Pôle d’emploi : concentration d’activités et d’emplois qui génère une attraction positive sur la

population active sur le territoire environnant.  Les flux domicile-travail convergent vers le pôle, ils sont centripètes.

Bassin d’emploi : aire d’attraction d’un pôle d’emploi

Pôle de main-d’oeuvre : concentration d’actifs ayant un emploi générant une diffusion de travailleurs vers les pôles d’emplois extérieurs. Les flux domicile-travail sont centrifuges.

Bassin de main-d’oeuvre : aire de diffusion d’un pôle de main-d’oeuvre.

Spécialisée dans l’analyse des équilibres Emploi / Main-d’Oeuvre en Ile-de-France, j’ai voulu étudier les déplacements domicile-travail sur le tracé de la future ligne 18, afin d’évaluer la pertinence de créer une offre de transport lourd entre l’Essonne et les Yvelines. J’ai choisi cette catégorie de déplacements, car ce sont les plus contraints, les plus longs et les plus structurants sur le plan territorial. En effet, la dernière Enquête Globale des Transports Ile-de-France (EGT 2010)a montré que les flux non contraints (loisirs, achats, services, démarches administratives…) sont en majorité de quelques kilomètres et se traitent dans un périmètre de proximité.

La ligne 18 est un grand axe de transport lourd qui devrait assurer une fonction de transit

traversant la grande banlieue Sud selon un tracé Est-Ouest, joignant l’Essonne aux Yvelines.

J’ai pris 4 exemples dans les 3 bassins principaux traversés par la ligne 18 :

– le pôle d’emploi de Massy et son bassin d’emplois (carte 1) qui constitue une étude de cas de

l’attraction de l’alignement de pôles d’emplois les Ulis-Palaiseau-Massy ;

– la commune du Chesnay et son bassin de main d’œuvre 2  (carte 2) qui appartient au bassin d’emploi Versailles-Vélizy ;

– la commune de Trappes et son bassin de Main-d’œuvre 3  (carte 3) qui fait partie du bassin d’emploi du « Grand-St-Quentin-en Yvelines » (SQY);

– la commune de Plaisir et son bassin de Main-d’Oeuvre (carte 4) qui représente un autre cas de figure très différent, toujours du bassin d’emploi du Grand SQY.

Ne figurent sur les cartes que des flux « aller » supérieurs à 100 actifs.

1er  constat : Aucun flux important n’apparaît entre le bassin de l’Essonne (Massy) et les bassins des Yvelines (Saint-Quentin et Versailles). Ni dans un sens, ni dans l’autre. Ce qui semble montrer une segmentation du territoire en 3 bassins autonomes, à l’opposé d’une vision d’un « grand territoire plateau de Saclay », concept ne reposant pas sur ce qu’on appelle un « territoire vécu » (correspondant aux pratiques des habitants). D’où une demande inexistante d’un grand axe de transit.

1Pour en savoir plus : voir www.j-lorthiois.fr, in Concepts généraux : « bassins d’emplois et de main-d’oeuvre en IDF.

2J’ai estimé que le pôle d’emploi Versailles-Vélizy qui possède une attraction forte sur le 92  est situé trop au Nord de notre zone d’études. Et l’intercommunalité Versailles-Grand Parc possède peu de communes d’une taille

significative, comme le Chesnay. Il s’agit aussi d’un cas de « population aisée » qui le distingue de Trappes.

3L’intérêt de la ville de Trappes – outre son caractère de banlieue populaire – est qu’elle ne possède aucun flux domicile ravail de plus de actifs en dehors d’un périmètre de proximité.

2ème constat : les liaisons de proximité sont essentielles. Même dans le cas d’une commune en site sensible comme Trappes, la rubrique « autres 78 » ne concerne que des petits flux inférieurs à 100. On ne compte aucun déplacement important extérieur au département.

L’adéquation Travail-Emploi est particulièrement élevée dans le cas du bassin du Grand-St-Quentin en Yvelines (12 communes). Une ville comme Maurepas par exemple – pourtant déficitaire en emploi – couvre à 75 % les besoins de sa main-d’oeuvre dans une aire de proximité de 14 kms et 25 % de ses actifs occupés quittent les Yvelines vers une destination extérieure, dont Paris. Ce qui place le bassin de ST Quentin en Yvelines comme disposant du meilleur taux d’autonomie de tous les bassins de grande banlieue francilienne. Des déplacements aussi courts peuvent s’effectuer par bus, vélo ou tramway (pour les flux les plus nombreux). Ainsi, les besoins de transports pour l’essentiel sont des besoins de desserte et non de transit.

3ème constat : les déplacements domicile-travail aller vont de la périphérie vers le centre. Leur tracé est à l’inverse de la ligne 18. Les flux vont :

– du Sud vers le Nord dans le bassin de Massy, alors que la ligne 18 va d’Est en Ouest ;

– Ouest-Est dans les bassins de St Quentin et de Versailles-Vélizy, alors que le tronçon de la ligne 18 qui traverse ce territoire va du Sud au Nord. Une commune comme Plaisir par exemple fonctionne à la fois dans un bassin de proximité pratiquement entièrement déporté à l’Est jusqu’à Vélizy, couvrant ses besoins à 72 % dans les Yvelines et par ailleurs reliée à la capitale pour 25 % de ses flux (pôle Montparnasse/Boulogne ; quartier central des affaires -QCA- 8ème et 16ème/La Défense). Et Vélizy attire un bassin de main-d’oeuvre situé sur la partie du 92 au Sud du 15ème arrondissement (Chaville, Meudon, Clamart, Sèvres… )

En conséquence, il n’y a guère de demande pour un grand axe traversant joignant le 91 et le 78. Les besoins sont de transports de desserte effectuant des liaisons de cabotage d’une commune à l’autre. Un métro express avec quelques gares ne correspond absolument pas aux besoins actuels.

On peut argumenter alors que la ligne 18 pourrait structurer différemment le territoire dans un futur plus lointain. Mais à quel prix ? Il y a dans cette portion de banlieue sud une adéquation

harmonieuse entre les emplois implantés et les besoins de la population active. Un cercle

vertueux qui permet des temps de transports réduits, une plus grande demande des modes doux et une présence plus longue au domicile, qui fait vivre des « emplois présentiels » plus nombreux (services à la personne, filières sanitaire et sociale, culture et loisirs, enseignement-formation, économie sociale et solidaire, petits commerces et artisanat…) qui diminuent encore le besoin d’emplois extérieurs.

A quoi bon bouleverser cet équilibre par une urbanisation massive qui déstructurerait complètement des liens territoriaux de proximité qui constituent une exception heureuse en Ile-de-France ? Il vaut beaucoup mieux dépenser les sommes prévues pour les transports à améliorer l’existant et à renforcer l’offre de proximité par des systèmes de desserte par bassins, en bonne correspondance avec les pratiques et les besoins des populations.

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