Demande d’autorisation de recherche d’un gite géothermique et à la demande d’autorisation d’ouverture de travaux de forage à l’Albien

INTERROGATIONS TECHNIQUES

Page 65 :« En hiver, en cas de très forte demande, la production de chaleur des SSTI par les PAC est complétée par celle des chaudières centralisées qui est alors distribué à 70-100°C via le réseau tempéré ».

Nous ne comprenons pas très bien le principe, car alors dans ce cas la, le retour à l’échangeur se fera probablement au mieux vers 10°C. Et l’Albien ne permettra qu’un échauffement de 20°C à comparer à l’échauffement par la chaudière de 30 à 60°C. D’où un fonctionnement du chauffage principalement par le GAZ et l’électricité.

D’autre part, les pompes à chaleur pour refroidir certaines installations vont probablement travailler à partir de cette eau très chaude, donc avoir des rendements faibles.

Page 65 « En été, la chaleur excédentaire des SSTI ne peut être absorbée par la géothermie car elle réchaufferait alors la ressource, elle est alors distribuée entre les SSTI pour revalorisation par le réseau tempéré et évacuée sur les tours de refroidissement situées dans l’installation centralisée de la ZAC ».

Début de phrase un peu bizarre car il n’y a pas plus de problème à réchauffer la nappe qu’à la refroidir. C’est même mieux de faire les deux pour ne pas trop changer la température moyenne de la source. Nous ne savons pas si cela est prévu, mais on peut donc réinjecter de l’eau réchauffée dans l’Albien. Cela nécessitera pour les PAC produisant du froid à travailler avec de l’eau à température un peu élevée d’ou des rendements dégradés.

En été la chaleur de l’Albien est bien sur complètement inutile, en effet le besoin est de dissiper de la chaleur, d’ou d’ailleurs les gros aéroréfrigérants qui sont ici centralisé. De même, dans l’extrait ci dessus, la deuxième partie de la phrase « revalorisation par le réseau tempéré » nous semble très trompeuse car en été, c’est la chaleur qui est un problème et qui nécessite du refroidissement. En fait, cette chaleur récupérée dévalorise le réseau tempéré.

Le document continue à être trompeur : Page 66 : « La récupération de chaleur se fait en hiver avec les besoins de froid des preneurs dit de process, mais aussi en été entre les besoins de climatisation et d’ECS. ». De nouveau, il met en avant de la récupération de chaleur en été, Il s’agit de la récupération d’un problème !

PROBLÈME DE GOUVERNANCE

Comme souvent, sur ce sujet, il y a un problème de gouvernance, les associations sont les seules entités à pouvoir avoir un peu de pouvoir face aux pouvoirs financier et industriels. Dans un cas très technique comme celui-ci, elles devraient, non seulement être écoutée mais encouragée par les politiques et les administrations, qui in fine décident. Or c’est le contraire, ici, pour des raisons de confidentialité industrielle !, l’accès aux études techniques n’a pas été possible pour les associations.

On se retrouve alors, tardivement, avec le dossier de l’enquête publique qui ne permet pas, même pour un spécialiste des échanges thermiques de savoir si la solution choisie est bonne :

  • Il n’y a aucune comparaison avec d’autres solutions.
  • Il n’y a pas de présentation d’ensemble des choix énergétique des ZAC, ce qui n’empêche pas de faire de la publicité sur ce « territoire à énergie positive ! »
  • Il manque cruellement, par exemple, le cahier des charges des constructions sur les ZAC

C’est dommage. Nous avons regardé un peu un cahier des charges et y avons trouvé avec plaisir une obligation du label Efinergie+ qui exige 20% de moins que la RT 2012.

Mais nous avons en tête l’enquête que nous avons mené sur les bâtiments de l’ENSTA (sur cette même ZAC) ou c’est la RT 2005 ! qui est appliquée. Bien sur il y a de la géothermie mais de grosses puissances de PAC, mais il aurait été préférable pour les GES d’appliquer un peu en avance la RT 2012

Nous avons aussi en tête le quartier Camille Claudel ou la chaufferie bois a permis d’augmenter de 30% les déperditions thermiques des bâtiments. C’est légal, bien sur mais pour un écoquartier on aurait pu faire un effort.

En conclusion, sans informations plus précises, nous ne pouvons pas donner un avis favorable à ce projet.

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